1663 – 1716

Léonarde et Thérèse

Les chicanes

Essayer de redonner l'honneur à sa famille, même si elle ne retrouve pas sa grandeur, devait être la lourde tâche de ce descendant qui avait 13 ans lors du décès dramatique de son père. Il n'y a pas de documents nous permettant de nous faire une idée sur ce que fut la vie de l'adolescent pendant cette période. Sans doute dut-il souffrir de la situation difficile qui était celle de la famille : je n'ai pas vu d'aide apportée par les oncles, comme lors du décès de son grand père. Il devra donc compter seulement sur sa volonté et sur son courage pour redresser la situation. Il est né et a été baptisé le 1er août 1663 ; le 16 mars 1690, il demande à sa mère son émancipation. Il a 27 ans. Peut-être sa mère a t-elle été désignée héritière par son mari. Je ne peux que le supposer, n'ayant pas trouvé le testament. Mais Mathieu est majeur depuis plusieurs années.

Un de ses frères cause bien du souci à la famille, c'est Gaspard. Lors de son premier testament, on découvre, alors qu'il décide de se faire appeler Gabriel et de se faire enterrer en terre sainte, qu'il a du hériter du caractère excessif de son père, qui, augmenté est devenu à la limite de la folie . Quelques années plus tard, une requête de Madame d'Alesme et de son fils Mathieu, nous montre le jeune homme sous un aspect totalement caractériel, agressif et instable. En effet après avoir demandé à entrer au séminaire de Limoges où il resta douze jours, il alla dans un couvent de moines, en sortit tout aussi rapidement, décida d'aller étudier à Cahors, puis à Toulouse, à Bordeaux, puis revint à Limoges, demanda à aller servir dans le corps des gardes du roi où il se conduisit si mal, qu'il fut mis en prison et jugé incapable. Une fois revenu à Limoges, il se fit remarquer par une conduite écervelée, allant d'un cabaret à l'autre, faisant des scandales un peu partout, empêchant sa mère d'entrer dans sa maison, pénétrant dans l'église Saint Pierre l'épée à la main pendant la messe de Pentecôte, attaquant un officier dans la rue, et dilapidant l'argent de la famille. Un certain nombre de plaintes portées contre lui et des essais infructueux de la part de sa mère et de son frère, pour le ramener à une conduite plus acceptable, firent que ces derniers demandèrent l'aide familiale et celle de relations importantes de la ville. Il fut alors décidé de le mettre en sûreté. A partir de ce moment, personne n'entend plus parler de celui qui porte le titre de sieur du Grudet si ce n'est par le fait que sa mère lui verse une pension de 200 livres par an. Il décédera au château de Compreignac le 21 novembre 1748 à l'âge de 78 ans, « imbécile », dit le registre paroissial.

Mathieu, épouse par contrat le 20 mars et religieusement le 13 avril 1690, Dame Léonarde Bandy, veuve de Messire Jean Blondeau, qu'elle avait épousé en 1670. Messire Jean Blondeau, vivant, était chevalier, seigneur du Chambon, Ventaux et Combas, conseiller du roi, président trésorier général de France en la généralité de Limoges. Elle apporte la somme de cinquante mille livres de dot. Bien sûr, elle est veuve, et sans doute est ce pour cette raison que le mariage a pu avoir lieu. Elle a, de son premier mariage des enfants. Messire Mathieu a 27 ans, il ne peut espérer, sans doute épouser comme son père, une Demoiselle, sortant de la même caste que lui. La dot importante de Léonarde Bandy fait oublier qu'elle a déja été mariée. Les accusations portées contre le précédent seigneur de Compreignac ont laissé des traces dans cette classe de nouvelle noblesse, aussi orgueilleuse que la noblesse de souche et qui considérerait sans doute une alliance de jeune fille comme impossible. Le nouveau seigneur de Compreignac n'est pas souvent dans son fief ; il est capitaine d'infanterie et possède une compagnie. Son épouse ne vit pas, elle non plus, dans le château ; j'ai trouvé une série d'actes qui montrent que, très rapidement, elle alla s'installer chez un de ses fils à Limoges. Elle indique à travers ses testaments successifs que son époux lui demande de lui faire des legs importants. Elle se plaint même du fait que le premier de ces testaments lui aurait été dicté par ce dernier. Avait-il, lui aussi un « caractère difficile »

Mathieu Benoist va réussir à réaliser des mariages fort convenables pour ses sœurs :

*Marie épouse en 1691, Jacques de Vaucourbeil, écuyer, seigneur du Puybarreau, conseiller du roi, lieutenant en la maréchaussée de Bellac, dont la famille a ses racines à Thouron. « L'hôtel de Vaucourbeil » existe toujours en face du groupe scolaire.

*Thérèse se marie en 1694, avec un parent de son frère, Pierre Blondeau, lieutenant de la Grande Prévôté de Limoges.

*Léonarde est unie en 1711, à Jacques Brunet, sieur du Pouyol, dont la famille vient de la région d'Uzerche.

Il y a peu de témoignages de la vie du dernier représentant de cette illustre famille à Compreignac. La plus grande partie de sa vie se passe à servir le roi, Louis XIV , toujours en guerre. Il avait eu une frayeur en 1693, et avait du rappeler, dans une lettre, aux représentants de sa Majesté ses origines, et les états de services de ses ancêtres, afin d'être exonéré des droits de Francs Fiefs29. Cette lettre, très détaillée et précise, m'a permis d'avoir des précisions sur la date de la mort de son père, sur sa propre date de naissance, et sur la date du testament de son père, qui, à sa mort, en faisait son héritier universel, mais à quel âge ?.

Un autre événement va marquer la vie de ce seigneur, à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe, c'est l'achat de la justice de Couzeix. La justice de Compreignac lui avait été restituée, et sans doute ses moyens financiers lui permettaient-ils d 'agrandir sa puissance. L'acte d'achat existe, je l'ai trouvé aux archives nationales. Il permet de dater l'évènement, de voir quel est le prix demandé, et les conditions de la vente ; l'acte est daté du 25 septembre 1704 et est intitulé :

« Adjudication de la haute, moyenne et basse justice dans l'étendue de la paroisse de Couzeix, dépendant du siège royal de Limoges avec les droits de chasse, pêche et autres droits en dépendant, au profit du seigneur de Compreignac, moyennant la somme de 300 £ de principal et celle de 30£ pour les 2 sols par livre d'icelle ».

Dans l'histoire de Couzeix, il est écrit que la justice de Couzeix a été acquise par un autre membre de la famille Benoist. Par ce document, il est prouvé que c'est bien le seigneur de Compreignac, qui l'a acquise. Messire Mathieu Benoist va récupérer une partie de ses revenus et payer toutes les dettes de son père par des ventes, par des échanges, par des emprunts aussi. Il va récupérer des biens aliénés par son père, comme le Mas De Lage, comme la métairie du Bourg de Compreignac, qui avait été vendue à Sieur François Martin, chirurgien, parent du notaire, soit en vertu de son droit de retrait lignager ( un homme n'avait pas le droit de vendre une partie des biens constituant son patrimoine sans l'accord de son héritier, celui ci pouvait, si ce bien avait été vendu, le récupérer au prix où il avait été vendu), soit en vertu de son droit féodal ( un seigneur pouvait récupérer un bien faisant partie de son patrimoine si celui-ci avait été vendu sans qu'il ait pu faire valoir le fait qu'il n'avait pas pu enchérir sur le prix de la vente). Le seigneur avait droit de préemption sur tous les biens vendus dans l'étendue de son fief, comme l'état actuellement à travers le droit de préemption des communes.

Mathieu Benoist utilise tous les moyens de ressources pour obtenir de l'argent dans sa vie et pour essayer de retrouver une situation conforme à son rang. Il afferme, par exemple, la pêche des étangs de la seigneurie le 21e jour de mai 1700, aux frères Jean et François Pleinasmeyjoux, père et fils, marchands bouchers, habitant Limoges. La pêche des étangs de Népoux, la Malleterie, les Nouhauds, Planchevieille, la Jante, Les Monges, la Rode, Rouché et celui du Puymartin est prévue de la façon suivante : une partie des étangs sera pêchée au carême de l'année en cours et l'autre partie le sera l'année suivante. Le prix de cette afferme est de 425 livres, dont une moitié payée le jour de la fête de mars et l'autre moitié l'année suivante. Il est prévu que le seigneur retirera de la pêche de l'étang de Népoux quinze carpes mères, qui resteront dans cet étang, et aussi les fermiers de cette vente devront laisser des poissons dans tous les autres étangs pêchés. Ces paiements serviront à rembourser l'argent que messire Mathieu Benoist a emprunté à Monsieur Messire Guillaume Constant, sieur de Verthamond, conseiller du roi.

Quelle est la vie des habitants de la paroisse dans cette fin de règne de Louis XIV ?

Au Boucheron, en 1700, Jacques De Cousteilhias, notaire royal et procureur d'office de la seigneurie épouse Demoiselle Isabeau Duclou, fille de Léonard Duclou et Léonarde Peyrigord (encore un surnom, celui d'un membre de la famille Michel, devenu le nom de famille). La dot de la future est de 2500 livres, et une robe de Damas bleu (le bleu étant presque toujours la couleur des robes des mariées dans les classes semi-bourgeoises). La dot sera versée, en plusieurs fois, comme à l'ordinaire. L'acte est passé devant Jacques de Vaucourbeil, écuyer, seigneur de Puybareau, conseiller du roi et son lieutenant en la maréchaussée de la Basse Marche, beau frère du seigneur, François Mallabay, procureur fiscal de la justice d'Auradour, Jean Desthèves, seigneur de La Cheze, Léonard Gallichet, bourgeois de Bellac, Maître Etienne Nantiac, avocat à la cour, juge châtelain de Thouron, et Maître Jacques Dubreuil diacre de la paroisse de Compreignac. Le contrat et les témoins et amis montrent que nous avons à faire à une famille de bourgeois aisés.

En 1706, Pierre Martin, dit « le grand » est meunier à Chabannes. D'autres membres de la même famille deux ans plus tard, se vendent des terres dont la propriétaire foncière est l'abbesse de la Drouille Blanche, peut être pour régler plus facilement les arrérages de rentes qui sont dus à la dame depuis 1685 et qui s'élèvent à deux quartes deux coupes de seigle, trois quartes deux coupes d'avoine, une poule et demie et trois sols cinq deniers en argent, pour une année ; ces arrérages ont été bloqués à la somme de 3 livres.

A la Courède, Dame Catherine Périère, veuve de feu Monsieur Messire Pierre de Reculès se fait payer les lots et ventes par Michel Chatenet, qui a acquis des biens dans ce village, mouvant de la fondalité de Château Moulin, fief de son mari. Le fermier de Château Moulin est sieur Pierre Patilhaud, notaire royal à Compreignac. L'année suivante Pierre Busquet, maçon dans le même village a lui aussi acquis des biens de la Dame. On sait par cet acte que Monsieur Patilhaud habite à Couteilhas.

A La Gente, Simon Duclou est signalé comme notaire de ce lieu. Il est allié à la famille Martin. A partir de 1699, une série de procès va se faire affronter François Guette fermier du sieur Jean Proximard, avec le sieur Pierre Dubois juge de la seigneurie ; le sieur Dubois ayant fait saisir des bestiaux appartenant, non au dit Guette, mais au sieur Proximard . Le procès durera plusieurs mois avant de voir son épilogue. Il en reste des traces, celui -ci ayant été amené devant la sénéchaussée du Limousin.

A Margnac, en 1680, le meunier est N. Rougier ; peut être est ce lui qui a épousé le 23 mars 1683, Marguerite Laniez, fille de Jean Laniez, meunier et de Marguerite Bléchet.

A Montégut, la Dame abbesse de Ligueuil, tente toujours de se faire rendre raison de ses fermiers. Les De Mathieu, qui doivent solidairement avec le seigneur de Blémond 600 £ à la veuve de Messire Léonard Rougier, procureur au siège de Limoges, hypothèquent tous leurs biens pour obtenir une prolongation de prêt d'un an. A partir de 1692, la fermière du prieuré est la demoiselle Meyjounade, fille dévote de Limoges ; les procès qu'elle entretient au nom de la dame abbesse sont eux aussi très longs. Les jugements qu'elle obtient sont rarement exécutés. En 1703, Pierre Jacob, maçon , habitant le bourg, vend à Me Pierre de Leyssenne un lopin de pré dans les appartenances du village de La Vauzelle, ce bien faisant partie des possessions du prieuré de Montégut. En 1714, Demoiselle Marie Doyrat vend sa métairie située dans le village et mouvant de la fondalité non pas du prieuré, mais du seigneur dudit lieu. Encore un exemple du morcellement des biens du aux différents propriétaires. Cette demoiselle, aidée par son oncle, curé de Saint Symphorien se sépare de tous les biens qu'elle a dans ce village. Probablement ce qui reste de « la Ribière Doyrat » qui restera la Ribière.

A Montchaud, en 1702, François Guette et son épouse Léonarde Salaud, donnent la moitié de leurs biens à leur gendre Pierre Martin, qui se remarie avec Jeanne Calinaud, fille de Me Charles Calinaud, procureur d'office de Razès. Le futur marié est dit « laboureur ». La dot de la demoiselle, outre 250 £ et le lit garni traditionnel, le coffre, les chemises et les linceuls, comporte 6 serviettes et une nappe, 4 robes, 6 brebis et 6 agneaux, une génisse de 10 £ et 6 aulnes de toile. Là aussi, le mot laboureur ne signifie pas qu'il soit « pauvre »

A Népoulas, par contre, des actes nous permettent de faire la différence entre la maison d'un notable et celle d'un maçon. Deux familles, au tout début du XVIIIe siècle, faisant faire un inventaire de leur maison et de leurs biens : celle de Martin Saignat, notaire décédé et celle de Jean Jacob dont la veuve Jeanne Giraud, désire se remarier avec Guillaume De Denis, maçon.

Dans le domaine du sieur Saignat, elle est couverte à tuiles et comptant un rez-de- chaussée, un étage, une autre maison accolée, appelée « la palande »dans laquelle tout le nécessaire à une vie confortable pour l'époque est réuni. On trouve le mobilier et les objets qui sont indiqués comme « presque neufs ». Y sont adjointes les écuries, les granges , les étables avec le bétail, bœufs, vaches, brebis, cochons, ruches à miel, et une jument.

Dans la maison où Guillaume De Denis va résider après son mariage, couverte à paille et paraissant en très mauvais état au notaire, la couverture est à mi-usée, n'ayant pas de cheminée, les planches sont pourries, les meubles se limitent à un coffre, une petite table et un lit. Le défunt avait deux brebis et deux agneaux, une vache, un métier de tisserant et un marteau de maçon. La veuve, elle, a en plus de son lit garni quatre brebis et deux agneaux, trois linceuls, un pot de fer contenant un plein seau et demi d'eau. Elle a de son premier mariage deux enfants en bas âge. Comme ceux ci pourraient à la mort du second mari de leur mère demander une part d'héritage, il vaut mieux faire un inventaire détaillé des biens appartenant à chacun des futurs conjoints.

A Népoulas en 1709, Jean Ricou voiturier, qui doit 60 livres à Léonard du Petit Manieu, depuis la Saint Michel dernière résout le problème, comme souvent, en cédant à ce dernier deux terres dont la valeur correspond à la somme due, terres de la fondalité des Messieurs du Chapitre de Saint Martial de Limoges( toujours le morcellement).

A Népoux, les propriétaires fonciers sont tellement nombreux que les moindres tractations prennent des allures de révolution. Lorsque Jean Moreau échange le 21 décembre 1709, une parcelle de terre avec Jean Marsaudon, celle ci est dans la fondalité du commandeur de Pauliac ; par contre, ce sont les grands vicaires qui afferment le droit de dîme sur le village.

La meilleure manière d'avoir des renseignements sur la vie des habitants d'un village est de consulter les archives des notaires. On y trouve l'état des familles dans les testaments, les ventes, les prêts, les hypothèques. Nos ancêtres, ne sachant pour la plupart pas lire, allaient voir le notaire pour tous les actes officiels de la vie .Il y avait encore au début du XVIIIe siècle trois notaires à Compreignac : un habitant le bourg, Monsieur Martin, un habitant le Boucheron Monsieur Dubreuil et enfin Maître Saignat qui demeurait à Népoulas. D'autres notaires, ayant des biens dans la paroisse sont parfois signalés ; mais ils exercent leur activité dans d'autres villages proches, comme à Bessines, par exemple. C'est devant maître Dubreuil, que ce 30 janvier 1703, Mathieu Mérigaud, fils de Jean Mérigaud, maçon habitant Pény, étant en parfaite santé, voyant qu'il est sur le point de partir pour aller au service de Sa Majesté, considérant la certitude de la mort et l'incertitude de l'heure d'icelle, et les grands dangers qu'il y a dans l'art militaire , décide de faire son testament. Après avoir demandé à être enseveli là où il décédera, et avoir demandé que trois services divins soient dits pour le repos de son âme, payables par son héritier, il nomme, pour cet héritier universel son frère Maturin, aussi maçon . Il ne sait ni écrire ni lire ni signer son nom, mais il a pris comme témoins en plus de ses amis, Jacques Dubreuil, diacre et Pierre Duclou, sieur de La Roche, qui eux savent lire, écrire, et pourront témoigner de l'exactitude des termes employés dans l'acte.

Le village de Peny, un des plus petits, a toujours son moulin en retrait surnommé « las vaurias ». Le meunier est toujours un membre de la famille Salaud. Il est meunier et cabaretier. On trouvera un membre de cette famille dans ce moulin jusqu'après la dernière guerre, marié sans enfants.

Un autre moulin tourne bien : c'est le moulin de Pontabrier: c'est celui du seigneur, le moulin banal à l'origine. Mais bien que son père ait remis la banalité en vigueur pendant un temps, après le décès de celui-ci, cette contrainte a disparu de notre paroisse,. Là sont venus s'installer les Bourin de Loup, peigneurs et cardeurs de chanvre, là le meunier est Léonard Reyjaud, dont le frère est meunier au moulin de Gourgeau de Loup. Ce moulin qui deviendra tristement célèbre à la révolution est prospère et toujours la propriété personnelle du seigneur.

A Prassigout, les familles Boulou, Le Camté et Maumot se partagent les maisons et les terres. Ces laboureurs ont dans leurs granges et leurs étables le cheptel de bourgeois du bourg, cheptel qu'ils nourrissent et engraissent, parfois à moitié « croist et profit ».

A Puymartin, « Pey marty » à l'origine car sans doute une seule famille demeurait sur ces terres, le lieu est petit. On ne peut pas, à vrai dire, l'appeler un village : il ne compte que six petites maisons basses, « à un estage ». Son étang est la propriété personnelle du seigneur, faisant partie de ses réserves, comme nous l'avons déjà vu. Là, après la mort de Pierre Benoist, Jean Picaine et Michel Marsaudon qui s'étaient crus débarrassés des impôts, se sont fait rappeler à l'ordre et ont du payer les arrérages de quatre années de rentes , c'est à dire 124 livres, 19 sols et donner pour l'année en cours : 5 sestiers de seigle,

5 quartes et 1 coupe ½ d'avoine

36 sols, en argent

2 gelines ½.

La taxation est lourde et pour la payer les laboureurs ont hypothéqué tous leurs biens.

Au Puymelier, autre petit village, très près du bourg, les hommes qui y vivent sont souvent les fermiers des possesseurs de domaines et de maisons du bourg. Le village voit les Martin, qui occupent encore de nombreuses fonctions publiques, donner leurs terres à cultiver à des journaliers ou laboureurs. On trouve aussi dans ce village, comme au Puismeunier la famille Boullaud (ou Boulaud, ou même parfois Boulleau). Ils sont toujours tailleurs de pierres, mais aussi voituriers. Les descendants des La Jay ( lu jau, le coq), sont charpentiers. Ce sont eux qui, par leur travail et les déplacements qu'il implique, vont faire connaître aux habitants ce qui se passe ailleurs.

La demoiselle Catherine Dubois, fille de l'ancien juge condamné en même temps que messire Benoist, et de Demoiselle Marguerite Duclou, épouse le maître de Poste de Maison Rouge, Jean Faure. Le maître de poste est un homme important : son père, Martial Faure, lui donne le lieu dit de la Maison Rouge, plus le lieu de la poste (le chêne vert), avec les meubles, la vaisselle, le linge, les granges et dépendances, les vignes, le jardin, les bois, les terres labourables, les prés, les métairies, et les châtaignières. Il lui donne aussi l'office de Maître de poste, les chevaux qui sont nécessaires au fonctionnement. La demoiselle, elle, apporte 3000 £ de dot, légués par son père, en 1660. Les futurs époux, comme cela se fait alors, verseront une pension à Monsieur Faure, père, sa vie durant et le nourriront.

Le village du Puismeunier, éloigné du bourg, toujours aussi important, a peu participé aux différents qui ont vu s'affronter le seigneur et les habitants. Les maisons, sur l'escarpement, sont le lieu de vie des cultivateurs des terres qui font le tènement. On y trouve un domaine appartenant aux hoirs de Monsieur Dubois, ci devant juge de la seigneurie. On le voit tout n'a pas été saisi malgré sa condamnation. Si vous vous promenez, le « nez en l'air » dans ce village, vous y verrez les traces des tailleurs de pierre sur le linteau d'une grange. Ils ont sûrement été à l'origine de la venue de Maître Jean Cluzeau Maître architecte de Limoges ; en effet on retrouve à cette époque, ce personnage dans ce village et à Montégut . Peut être est ce un membre de sa famille qui a été à l'origine de la construction du château.

A la Roche, les grands vicaires ont retrouvé leurs privilèges, contesté par le précédent seigneur. La liève30 retrouvée pour cet endroit appelé encore « Le Vieux Boussac », qui va des années 1681 à 1692 est une source de renseignements sur les hommes qui vivent là ; on y trouve les Lafleur, les Talaud, les Salaud, les Gadet, les Bonnet, les Marchandon, les Janmetaud, les Coutaud, les Jacou, les Dumas. Les impôts, donnés en seigle, et en quelques gelines, nous indiquent que contrairement à une idée reçue, on ne cultivait pas de blé noir, à la fin du XVII e siècle à Compreignac. Les rentes ont été de 3 sestiers 9 coupes en 1681 à 3 ses tiers 14 coupes en 1693 ; l'argent versé par le collectif du tènement est passé de 4 sols 5 deniers à 5 sols 8 deniers pour la même période. Bien que ces impositions soient établies pour la collectivité, on trouve dans le document ce que chaque famille a versé et à quelles dates ont été faits ces versements . Ils ont tous été faits au mois de février.

L'étang appartient au seigneur, comme celui de la Rode, dont le moulin semble alors en ruine. Il ne sera reconstruit que beaucoup plus tard.

La Vauselle (Voselle) est toujours un gros village, avec ses flans garnis de vignes. Là vivent de nombreuses familles exploitant des terres appartenant à d'autres. Là on trouve un charron, un tisserand, un cabaretier. Le village rassemblé autour de sa croix, est lui aussi un des plus anciens, partagé entre plusieurs seigneurs fonciers, sur sa butte, permettant de voir venir les indésirables, menaçants ou non. Un tailleur d'habits de Limoges, en 1720, se fait construire une maison, par Jean Laspeyras, maçon de La Courède, Pierre Boucheron et Léonard Vauzelle, aussi maçons résidant tous deux à Montchaud. L'implantation en est le « Plaçage de Las Linadas ». Elle sera composée d'un bas de maison et cuisine, d'un étage avec une chambre haute et un grenier au dessus. Elle sera de la hauteur de 21 pieds du souterrain au grenier et de la largeur de 18 pieds (un pied  33 cm) ; la cuisine aura deux bas-jours, la chambre deux grandes croisées, regardant l'une le bourg de Compreignac, l'autre le village et une demie croisée donnant sur le jardin. Le maçon fera également trois bas-jours dans le grenier. La cheminée double, commencera dans la cuisine et se prolongera dans la chambre, la partie qui se trouvera dans la chambre aura deux manteaux et sera construite en pierre de taille , celle de la cuisine en pierre commune. Les maçons feront également un four dans le bas de ladite maison, pouvant cuire trois émines31de blé. Attenant à cette maison, les maçons construiront également une grange, sur le même alignement que celui de la maison. Les portes de la maison et celles de la grange auront des pilastres de pierre de taille. Comme toujours, les matériaux sont fournis par le propriétaire qui fera faire les couvertures à tuile ou à paille à ses frais. Le prix fait de cette construction est de 425 livres, payables en 4 termes dont le premier est payable d'avance, et le dernier à la fin de l'ouvrage ( au prix du poids de l'or actuel, la maçonnerie de cette construction reviendrait à 8848 F, pour une construction en pierre de 6,36 m de Hauteur et 5,90 m de façade).Le futur propriétaire avait dû hériter ou emprunter pour faire réaliser cette petite maison, car même pour un tailleur d'habits , c'était une très grosse dépense.

Du village de Vénachat, pendant cette période, nous sont venus deux contrats de mariage, signés le même jour et rédigés par un notaire de Limoges. Ils ont pour participants les membres des familles Guette, Chalinat, Dechastenet, Saignact, Boulou et Faure ; les dots des deux demoiselles Saignact, Françoise et Mathive, sont respectivement de 450 et 350 livres. Leur père Anthoine Saignact est dit clerc ; c'est la souche des notaires du même nom. L'une épouse Jean Chalinat, dont le père était l'époux de Léonarde Guette (famille qualifiée de laboureurs), l'autre se marie avec Joseph Boulou ( dont le père George est également appelé laboureur).Outre leur dot en argent, les deux demoiselles reçoivent le lit garni traditionnel, mais en plus 6 linceuls, 6 chemises, 3 robes, un coffre de menuiserie fermant à clef de la contenance de 10 quartes de blé, 6 brebis et 6 agneaux pour la première et une malle de la valeur de 10 livres et pour la seconde 5 brebis et 5 agneaux et une génisse de la valeur de 10 livres, la dot en argent s'étalant elle, sur six années, à raison de 60 livres par an. Ce procédé, qui consistait à ne pas payer les dots en argent le jour du contrat de mariage, permettait de se trouver moins en difficulté lorsque, malheureusement, la jeune femme mourait sans héritier lui survivant, ce qui était fréquent, lors des accouchements. La dot était alors « récupérée » par le père.

Dans le village de Vénachat, des terres, toujours à l'abbaye de Grandmont, à laquelle se payaient les rentes, souvent avec beaucoup de difficultés, les arrérages bloqués sur plusieurs années, donnaient lieu comme toujours à de nombreuses contestations.

Le village de Vieilleville, dont une partie appartient toujours à l'abbé de Saint Martial, n'évolue pas lui non plus. Dans cette période seuls les gens un peu moins pauvres peuvent faire quelques affaires et vont commencer à naître des « aisances »chez certains habitants qui conduiront à de véritables haines à la fin du siècle. Monsieur Cluzeau, déjà cité acquiert des terres, agrandit ses possessions. La famille Le Camté, dont Jean se disait lui aussi laboureur, est de celle dont l'ascension sociale se remarque. Jean est décédé, son épouse, lors de son testament, en juin 1680, lègue à ses filles, non mariées des dots substantielles. Elle donne également de l'argent, ce qui est moins fréquent à ces autres enfants. Son fils aîné, comme d'habitude est l'héritier universel, mais sa relative aisance lui permet de donner 6 livres, afin d'être enterrée dans l'église.

Villebert, outre ses terres appartenant aux grands vicaires a comme autres propriétaires François Mazeraud, curé de Nouic. Le village, petit, a perdu définitivement son association avec le tènement de La Grazouille. Il est difficile de retrouver ce tènement qui semble se situer à l'emplacement de ce qui est actuellement « la Brandouille ».Il s'y trouve des exploitations et du cheptel propriétés de la famille Martin, ou d'habitants, semi-bourgeois d'autres paroisses, comme le notaire de Saint Pardoux. Les Habitants vont demander un nouvel arpentement en 1728, car ils on des difficultés à repérer les divers propriétaires de leur village, et les terres défrichées nouvellement, ont besoin d'être définies.

Messire Mathieu Benoist, chevalier, baron de Compreignac, va donc passer toute sa vie, comme son frère Joseph, au service du roi. Ce frère dont on sait qu'il était chevalier, capitaine au régiment de Brienne et qu'il laissa dans le codicille de son testament une grosse somme d'argent à sa sœur Thérèse, qui semble avoir eu sa préférence, comparativement à Léonarde .Le seigneur de Compreignac demeure à Limoges dans une maison qu'il loue. Le 14 novembre 1716, étant au lit, malade de son corps, âgé de 53 ans, il décide de faire son testament. Son état de santé fit qu'il le fait rédiger par Maître Louis Estienne. Il lègue des biens à sa servante, Gabrielle Béchamore, à Jean Benon, son serviteur, à Jean Biarnou, son muletier, à Mathurin Grudet, son jardinier au Mas de Lage, à son laquais. Ses deux sœurs encore vivantes sont ses héritières universelles par moitié. Il ne peut pas signer dit-il dans l'acte « à cause de sa grande infirmité ».

Il lègue aussi à l'église de Compreignac 300 livres pour faire un tabernacle et un retable. Ce legs est à remarquer, car lors d'un inventaire de l'église fait à la fin du siècle, j'ai retrouvé le descriptif de ce tabernacle. Il a disparu au siècle dernier à une époque où on a préféré les « Saint sulpiceries à ces vieux machins » ; nous aurons l'occasion d'y revenir.

Il y a un codicille à ce testament par lequel il veut que soit donné à Dame Marie Anne Constant, épouse de Monsieur de La Bastide, la chaise ou carrosse qui avait été offerte à ses parents, lors de leur mariage, ce qui sera fait par ses sœurs.

Le 19 novembre, leur frère étant décédé, « Dame Thérèse De Benoist, espouse de Monsieur Blondeau, escuyer, seigneur de Lage, conseiller du roy, lieutenant en la Prévôté générale du Limousin et Dame Léonarde De Benoist, espouse de Monsieur Brunet, escuyer, seigneur de Pouyol, lesquelles on dit avoir esté institué héritière de deffunt Messire Mathieu De Benoist, vivant chevalier, seigneur baron de Compreignac, leur frère, suivant son testement du 11 novembre 1716, reçu par le notaire soussigné, pour ne faire confusion de biens et connoistre les forces de ladite hérédité » désirent qu'il soit fait un inventaire des meubles et effets, titres et papiers appartenant à ladite succession. Accompagnées du notaire et de témoins, elles vont à Limoges, d'abord, dans la maison où est décédé leur frère le 14 novembre, puis au Mas de Lage, et enfin à Compreignac, faire cet inventaire qui va durer jusqu'à la fin du mois de février de l'année 1717.

Les inventaires après décès sont des actes très importants ; ils nous permettent de nous faire une idée assez juste de l'état et de l'étendue des possessions du défunt. Ils ont lieu en présence de témoins et servent de référence lorsqu'il y a des litiges. Celui ci commence dans la maison que Messire Mathieu Benoist occupait à Limoges et qu'il louait 191 livres 10 sols à Monsieur de La Boissière. La maison se composait d'une cave, (dans laquelle il a été trouvé un fut de vin de Bergerac), des écuries, trois chambres et une cuisine au rez-de-chaussée. A l'étage, deux chambres, dont celle que le « feu seigneur » occupait habituellement, dont le mobilier est le suivant : Un lit garni, une petite table, une espèce de commode, une petite table ronde, une armoire, dix chaises de paille, deux fauteuils, une tenture de tapisserie de Bergame, contenant cinq pièces, un buffet à deux battants, une grande armoire de châtaignier, une cheminée garnie de ses outils. A l'étage supérieur, il y avait encore des chambres. Le descriptif nous donne une idée du confort de l'époque. Toutes les pièces, hormis la cuisine sont appelées chambres. On y vivait entièrement. L'inventaire des vêtements laissés par le seigneur, semble indiquer le peu de cas qu'il faisait de son habillement, seulement un ou deux vieux habits et trois perruques usées, deux robes de chambre. Le linge trouvé dans cette maison montre que ce n'était qu'un domicile commode pour ses activités, seules y figurent les draps, les nappes et les serviettes.

Dans cette maison étaient conservés dans des coffres ou arches, les actes importants, pour la vie de la famille, testaments, contrats de mariages. Les preuves de propriétés nécessaires lors de contestations ou de procès, les sacs où étaient conservés les divers procès de la famille.

Le 2 décembre, les Dames Léonarde et Thérèse de Benoist ( la particule est apparue depuis que le titre de baron a été accordé ), accompagnées de leurs témoins et du notaire se transportent au château. Nous sommes en hiver, et ces personnages vont séjourner dans cette demeure pendant plusieurs jours pour parcourir ce qui est la propriété des deux dames et dont elles veulent connaître les moindres éléments. Le descriptif, auquel nous pouvons relier les traces encore visibles sur le plan cadastral dit « napoléonien », font revivre cette demeure, qui a à peu près cent ans, se compose de caves, contenant elles aussi des fûts de vin de Bergerac, des cuisines, très vastes, équipées pour servir de nombreuses personnes, des chambres au nombre de dix , une salle qui servait sans doute de pièce de réception, une tour servant de prison, une contenant l'escalier de service, un grand escalier en façade. Les lieux importants de ce manoir semblent être une petite chambre boisée donnant sur le jardin, la chambre dite du seigneur, une chambre dans ce qui est la grande tour surmontée du mat et de la flamme du baron et où apparemment se font les actes de la seigneurie, un appartement, peut être servant lors des visites d'amis. Et au dessus de la partie habitable, les greniers ou galetas.

Les greniers à blé, eux sont à coté de la vaste demeure, comme la boulangerie, les écuries. La métairie appelée « de la porte » se trouvant à l'entrée du château, est aussi visitée. Là se trouve une partie du cheptel du seigneur, une autre partie est à Bachellerie dans les étables de Léonard Lafleur, une troisième partie est amenée dans la cour pour être évaluée. Les dames, le notaire et leurs témoins se transporteront ensuite dans la métairie du Puismelier, exploitée par Pierre Taste, pour faire le décompte du bétail et son estimation et enfin dans celle de la Jante dont George Rapé dit « le frisa » est métayer. Contrairement à ce qui sera fait quelques années plus tard, l'état des lieux n'est pas donné, mais je n'ai vu nulle part mentionné que les bâtiments soient délabrés ou que quelque mur ou toiture ait besoin de réparations, ce qui laisse supposer que le tout est en assez bon état.

Les diverses personnes procédant à ce long inventaire vont donc séjourner plusieurs jours au château et y faire également un répertoire assez détaillé de tous les actes notariés qui s'y trouvent. Là sont conservés tous les documents qui concernent la seigneurie de Compreignac, toutes les reconnaissances, tous les montants et payements des rentes, des cens, toutes les archives concernant les procès que les divers seigneurs ont eu et entretenu parfois pendant de longues années avec d'autres personnages aussi importants que l'Abbé de Grandmont, toutes les traces des acquisitions et ventes faites au cours des ans.

Un certain nombre de ces actes a subsisté chez les divers notaires de Limoges. Les noms des notaires qui les ont effectués et les dates données dans ces répertoires ont permis, lorsque les minutes des notaires cités existent, de les retrouver et de les étudier.

Les deux Dames Benoist ont pu également faire le montant des dettes laissées par leur frère Mathieu, à Limoges, elles auront à payer 400 livres.

Combien de temps dura le séjour de ces participants, nous ne le savons pas. Mais une fois terminé le travail à Compreignac, à partir du 14 février 1717, le même inventaire restait à faire au Mas de Lage, à visiter le château de la cave au grenier, la cuisine, la chambre de la galerie, la chambre du seigneur, la chapelle, le cabinet, les greniers, la boulangerie, à répertorier les animaux se trouvant dans les deux métairies, à estimer l'état des deux étangs, à faire l'inventaire des dettes laissées aussi à Couzeix. On sait, par exemple que la litre funéraire placée dans l'église de Compreignac, avait été faite par La Brise, elle avait demandé 9 jours de travail et avait été faite de chaux et de noir de fumée, elle avait coûté 14 livres 10 sols. Celle faite à l'église de Couzeix, avait elle été faite par Mr Durant jeune et devait être payée 18 livres 16 sols. Les divers legs seront honorés, aux communautés religieuses, aux divers particuliers aussi, boucher, forgeron, médecins, apothicaire, tailleur, traiteur, postiers. Les Dames décidèrent de vendre pour apurer les dettes, les meubles qui ne servaient pas.

Voilà donc l'inventaire de leur puissance connu et les deux Dames de Benoist vont se trouver en face de la gestion de leur seigneurie, car elles sont toutes deux baronnes de Compreignac. L'une semble, pourtant être mieux préparée financièrement et moralement à cette tâche : c'est Madame Thérèse Benoist épouse de Messire Blondeau. Elle va régler très vite et complètement les dettes de son frère. Quant à Léonarde, épouse de Messire Brunet, elle empruntera pour rembourser sa sœur, qui dans sa précipitation, ou pensant à l'avenir, a payé souvent les deux parts. Léonarde sera qualifiée de caractère inquiet par sa sœur. Leur litige dure encore en 1724, car un acte très long du notaire Bardy à Limoges nous apprend que la Dame Léonarde réclame à La Dame Thérèse 1500 livres de provisions qui lui ont été adjugées par le parlement de Bordeaux en 1721. A quoi la dame Thérèse répond « qu'elle s'étonne de la demande » et exhibe la quittance fournie par sa sœur à l'occasion du versement de 1000 livres d'acompte. Elle propose même de verser immédiatement les 500 livres restantes, et envoie le notaire à son domicile avec la proposition. La Dame Brunet refuse et les 500 livres restent chez le notaire. Elles y sont encore en 1726, date à laquelle cette somme sera récupérée par ladite dame Brunet. Le litige entre ces deux dernières représentantes de la famille Benoist de Compreignac n'est par terminé. .Il durera jusqu'au décès de la Dame Brunet. Ni l'une ni l'autre ne réside à Compreignac, ni au Mas de Lage. Elles demeurent à Limoges et quand le futur seigneur voudra prendre possession de sa seigneurie il aura bien des surprises quant à son état.

A travers les actes concernant les deux dames, il est à penser que le caractère de la dame Léonarde, inquiet, selon sa sœur, montre lui aussi que le mariage des deux branches de la famille Benoist a laissé des traces dans le comportement assez singulier de trois de ses descendants. En effet Léonarde se montre instable ; Pierre a été dès l'âge adulte un homme agressif, et Léonard a dû être assigné à résidence par sa famille et a été jugé « imbécile. » Il ne fait aucu doute que l'ascendant commun, Martial, être volontaire, de caractère difficile, voire agressif a permis par le mariage de deux branches de la famille, d'un apparentement « issu de germains » l'augmentation chez les descendants des penchants agressifs

Thérèse Benoist, épouse de Messire Pierre Blondeau, sieur de Lage, restera seule maîtresse des lieux. Son mari assurera, comme Gaspard Benoist l'avait fait, l'intérim. Le futur baron de Compreignac sera le fils aîné du couple Benoist-Blondeau, il s'appellera Messire Mathieu Blondeau, il sera garde du roi, mais ceci est une autre histoire.............

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