L'histoire de la seigneurie de Compreignac commence vraiment avec la famille BENOIST.

Cette famille, implantée dans la paroisse, depuis déjà longtemps, avait fourni une prieure au prieuré grandmontain de la Drouille Blanche ; un de ses membres, chanoine du chapitre cathédral, avait eu dans sa prébende la cure de Compreignac. Ce n'est donc pas par hasard qu'elle a choisi notre village pour y établir son fief.

Les archives de la ville de Limoges ont brûlé au siècle dernier. Un certain nombre de documents ont été détruits. Le terrier qui était la source des informations de l'abbé Lecler n'existe plus. Quelques documents ont été recopiés. Il y a très peu de minutes de notaires avant le 18e siècle. Les seuls actes passés à Compreignac avant cette époque proviennent d'archives personnelles prêtées par des particuliers. Je les remercie de m'avoir fait confiance. Il m'a fallu souvent m'appuyer sur une seule source d'informations avant 1700, alors qu'il en aurait fallu plusieurs.

Il reste, malgré tout, beaucoup de traces écrites dans les archives religieuses et dans celles des notaires de Limoges, sur la domination dans la paroisse de cette famille, aux nombreuses ramifications.

L'histoire de Compreignac aux XVIe et XVIIe siècles est très riche. Elle est liée à la famille Benoist, une des plus importantes de Limoges: elle a donné à la ville de nombreux consuls, des chanoines, des trésoriers généraux de France, des avocats, des membres du parlement de Bordeaux. Mais aussi, comme dans toutes les familles, quelques individus au comportement assez étrange et à la limite du convenable, ou de l'acceptable, surnommés pudiquement imbéciles (ce qui avait le mérite de les soustraire à la justice).

J'ai transcrit les documents avec l'écriture et l'orthographe d'origine. Ils sont quelque peu déroutants, mais ils permettent de voir à quel point la façon de s'exprimer était différente de la nôtre. Les majuscules n'existaient pratiquement pas, même pour les « noms propres ». Les tournures de phrases sont dérivées du latin qui, pour ces documents, a été la langue officielle au moins jusqu'au milieu du XVIe siècle.

Quant aux noms de familles, ils étaient fixés, mais on trouve encore des sobriquets servant de patronymes. La particule « de » équivaut à « fils de », ou, si elle est suivie d'un nom de lieu, à « venant de » .