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Appelé à cette époque, prieuré simple de La Mongie, ou Montgen ou encore Le Doignon, les documents qui nous intéressent, viennent de la même source. L'appellation signifie qu'il y a eu vie monastique au début de la vie de ce prieuré Nous savons qu'il dépend du prieuré conventuel de Saint Gérald les Limoges, ordre de Saint Augustin. Avant 1598, nous connaissons Pierre Pétignaud, qui résigne en faveur de Maître Pierre Coussedière, en mai 1556. Un certain Pierre Geuhe est prieur en 1557, puis Estienne de Rouffinhac, en 1573.

En 1610, au mois d'août, Léonard Dumonteil, clerc de la ville de Châteauponsac, prend possession des lieux. Le prieuré va, sans doute passer en commande. On le retrouve, en effet en 1659, faisant partie des biens de la vicairie du crucifix, fondée à l'autel du même nom, dans l'église de Compreignac, par Guillaume de Meymac. Le vicaire de cette vicairie est Jean Teyteys curé de la paroisse. Il a été pourvu de ce prieuré par le Pape et avec l'accord de l'évêque du diocèse. Lors de sa prise de possession les présents sont Jean Peyroche, un des grands vicaires de la cathédrale, Martin La Veyrine, prêtre de la paroisse de Saint Maurice de la cité de Limoges, et Pierre Froment choriste de la cathédrale. L'importance de ces personnages montre celle du nouveau prieur.

Il sera remplacé par Maître Léonard Chazaud. Les cérémonies faites à cette occasion, ne donnent pas l'état des bâtiments. Je sais à la lecture des actes notariés, que le domaine appartenant à ce prieuré était important et bien exploité.

Il n'est pas fait allusion dans aucun texte de cette période à des processions ni à des dévotions. Ces dévotions, lorsqu'elles avaient lieu, étaient individuelles et assez mal vues par l'ensemble du clergé qui les considérait comme relevant de la superstition. Il est probable, malgré tout, que les pauvres gens, se référant à des légendes ou à des guérisons inexpliquées et inexplicables pour l'époque, soient venus prier Saint Eutrope. Cela reste quand même assez douteux, les chapelles ou églises étaient souvent fermées, à cause des voleurs ou des épidémies. Il est habituel, lorsqu'un prieur vient prendre possession des lieux que quelqu'un soit dépêché pour donner les clefs, conservées par un habitant dont la probité ne peut pas être mise en doute.

Les vraies processions, organisées, telles qu'elles sont décrites dans d'anciens quotidiens, sont apparues lors de la séparation de l'église et de l'état. Elles ont été très vite interdites, ce qui les rendaient encore plus intéressantes et inévitables.

De quoi se compose alors un prieuré ? D'une chapelle appelée parfois église, et de la maison du prieur, maison qui est attenante à ladite chapelle et habitée, soit par le fermier du prieur, c'est à dire par celui qui est chargé de régir le domaine relevant du prieuré, soit encore par tout simplement les métayers ou laboureurs chargés de cultiver les terres. Elle a souvent été construite il y a longtemps, en pensant qu'elle serait le lieu de l'habitation du nommé. A partir du moment où ces prieurés ont été mis en commande, aucun religieux n'est venu s'y installer. Les tombes qu'on y a trouvé sont donc très anciennes. Elles ont été pillées depuis longtemps et les quelques dalles trouvées ne peuvent être postérieures au XVIe siècle. On a ensuite utilisé les cimetières joignant les chapelles pour les enterrements, notamment pendant les hivers, quand les chemins ne permettaient pas de faire à pied le long trajet conduisant des villages d'Angelard ou de Népoulas à l'église de Compreignac.

Quelques demandes expresses ont pu également être faites pour des mariages ou des baptêmes, mais elles restes rares. Il suffit de consulter les registres paroissiaux.

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