Imprimer

Extrait de brevet de prédicateur et aumosnier du roy Henri le Grand, signé de sa propre main et contresigné de Mr forest seigneur de Fresne secretaire d'estat en faveur de Messire Pierre Benoist frere du sieur de Compreignac en Limousin

Docteur de Sorbonne Archidiacre théologial de l'Eglise Cathédrale de Limoges vulgairement appelé à Paris le jeune Benoist à la différence de René Benoist curé de St Eustache qui convertit le mesme roy Henri le Grand.

Aujourd'hui 22e jour d'avril an 1594 Le roi estant à St Germain en Laye sur le récit qui lui a été fait du bon devoir que Messire Pierre Benoist Dr de théologie de la faculté de Sorbonne a fait d'annoncer la parole de Dieu, le voulant à cette occasion, suivant ses mérites l'honorer de quelque qualité pour estre [ fier ?] de sa personne Sa Majesté lui a accordé la charge et place d'un de ses prédicateurs et aumosniers avec pension de deux cens escus par an à prendre sur son esparne : pour cet effet a commandé es lettres pour ce nécessaires luy estre expédiées et cependant le présent brevet qu'elle a voulu signer de sa main et fait contresigner par moi son conseiller en son conseil d'estat et secretaire de ses........

Nota : Ce document avait été signalé par le chanoine Lecler dans sa monographie de la commune de Compreignac avec la cote 20 793 F° 289. Il a été facile à retrouver car les cotes données il y a 100 ans sont toujours les mêmes à la Bibliothèque Nationale.

Suit ensuite tout un article concernant Pierre Benoist et son frère Martial Benoist .Des réflexions écrites dans ce manuscrit font penser que ce document a été recopié au milieu du XVIIIe siècle. On y fait allusion au baron de Compreignac, titre que celui ci ne portait pas en 1594. La terre de Compreignac semble, en effet n'avoir été érigée en baronnie que vers 1658. Malgré tout, ces commentaires restent intéressants et valent la peine d'être joints au brevet.

Ledit sieur Pierre Benoist, docteur de Sorbonne, archidiacre et théologial de Limoges estoit frère de Martial Benoist, seigneur Baron de Compreignac, qui estoit superintendant des finances pour la ligue dans les généralités de Limoges et de Bordeaux, auquel le mesme roy Henri le grand après la réduction de Paris, donna plusieurs beaux emplois entre autres celui de la vérification de la noblesse avec Mr de Marilhac qui fust depuis garde des sceaux dans la généralité de Limoges et quelques provinces circomvoisines et celui de Grand Voyer dans la guyenne en conséquence duquel il en fit restablir tous les pavés ponts et chaussées ; il estoit oncle de la femme du président Du Bernet qui fut advocat général du grand conseil à vintunan, président au mortier au parlement de Bordeaux , premier président au parlement de provence et enfin premier président au parlement de Bordeaux lequel estant mort à Limoges pendant les dernières guerres de Guyenne voulu estre enseveli auprés du sieur Pierre Benoist docteur de Sorbonne prédicateur et aumosnier du Roy

Il estoit aussi grand oncle du sieur Benoist seigneur baron de Compreignac à présent conseiller au parlement de Bordeaux.

Il mourust à Tours en revenant de Paris en Limousin dont il estoit natif ayant esté empoisonné dans une maladie par un chirurgien huguenot qui crut rendre un grand service à la religion de faire périr un grand prédicateur catholique.

Ledit Pierre Benoist, fut cognu du Roy Henri le Grand, par le moyen de René Benoist, doyen de la faculté de Sorbonne, nommé à l'évêché de Troyes, qui convertit le roy lequel estant de basse condition d'Angers, vouloist prester pour son parent à la faveur de la ressemblance du nom et rendit tesmougnage à sa Majesté que pendant le siège et le blocus de Paris, il avoit toujours fait prier Dieu à la fin de tous ses sermons, pour la conversion du Roy et que quoi qu'il fur de la Ligue, il ne l'était que pour l'intéret de la religion et non fust par une surprise de faction, ce qui fut attesté à Sa Majesté par tous les parisiens, c'est pourquoi il l'envoya quérir pour lui témoigner qu'il lui savoit gré de son procédé lui promit fortement le premier évêché vacant lui donnant le susdit brevet dont il ne jouit pas complètement.

F° 290 Monsier de Meseray dit que P. 1333 de son abrégé que le roi donna la charge de grand voyer à Monsieur de Rosny en l'an 1598. Il pourrair ajouter que Monsieur de Rosny donna sa lieutenance en ladite charge dans la généralité de Limoges à Martial Benoist, sieur de Compreignac, président des trésoriers de France en ladite généralité, lequel s'appliqua avec grande exactitude à la fonction d'icelle en faisant réparer tous les ponts, pavés et chaussées à la grande satisfaction des peuples qui se louent encore de ses soins et diligences.

Le même Martial Benoist, donna des preuves de son courage à la bataille de La Roche Labeille en Limousin, combattant dans l'armée du duc d'Amiens qui fut ensuite Henri III de laquelle rencontre Monsieur de Meseray parle page 1061, l'appelant fortement escarmouche.

Il combattit aussi à Roquamadour dans l'armée des catholiques, ayant été blessé dans cette rencontre aussi bien qu'à celle de La Roche Labeille ; Monsieur de Meseray parle de cette dernière en la page 1272.

Il fut aussi député par Henri IV , avec Mr de Marillac, maître des requêtes, depuis garde des sceaux pour la vérification de la noblesse de la généralité de Limoges, lequel roy, faisant son entrée à Limoges, le carressa fort et lui dit qu'il lui fut aussi fidèle serviteur qu'il avoit esté bon et sincère ligueur.

Le roi Henri III , ayant aussi mis le sieur de Chambéry pour gouverneur particulier de la ville de Limoges, pour le conserver à son service pendant les troubles parce qu'il n'étoit pas assuré du comte de Ventadour gouverneur de la province, il fit une sortie par l'ordre dudit sieur de Chamborg, sur le comte de Ventadour, qui avoit bloqué la ville pour en chasser Chambéry, dans cette sortie, il rompit les barricades du comte, fit entrer les vivres et donna si grande épouvante au comte de Ventadour qu'il se retira ce qui conserva la ville à Henri III.

Il fut fait superintendant des finances dans la généralité de Bordeaux et de Limoges, de l'armée de Guyenne, par commission du Cardinal de Bourbon, qui se qualifiait Charles X, et après la mort de ce cardinal, le duc du Maine lui envoya une pareille commission en son nom, prenant la qualité de lieutenant général de l'Estat et couronne de France, lesquelles commissions sont entre mes mains.

Ce manuscrit signalé par l'abbé Lecler a été retrouvé à la Bibliothèque Nationale.

Affichages : 1108