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1647- 1660

Le mariage de Pierre Benoist et de Jehanne d'Alesme fut certainement un événement. Il avait été précédé d'un contrat, passé le 30 juin 1658, qui existe toujours dans les archives de Maître Estienne notaire à Limoges. Pierre d'Alesme seigneur de Rigoulène, conseiller du roi, trésorier général de France et Dame Catherine Dupeyrat étaient sans doute très fiers de donner leur fille à Messire Benoist. La dot était considérable : 40000 livres, « à scavoir, 37000 livres provenant des biens du père et 3000 livres provenant des biens personnels de la mère ». De plus la demoiselle recevait un habit de noces et autres suivant sa qualité et sa condition. Pour faire plaisir à son futur gendre, Messire d'Alesme donnait à sa fille «un carrosse garny de velours rouge cramoisy attelé de deux chevaux poil brun ». Le tout, ayant été payé comptant, montre la fortune des parents de la future mariée (cette somme équivaudrait à l'heure actuelle à plusieurs millions de nos euros actuels ). Pour ne pas être en reste, le seigneur de Compreignac a donné à la future épouse pour 6000 livres de bagues et joyaux .

L'union de ces deux familles était décidée, sans doute comme à l'ordinaire, pour des raisons tout à fait politiques. Elle avait été préparée de longue date. Le seigneur avait 28 ans. Il était installé dans ses fonctions au parlement de Bordeaux .Il partageait sa vie entre cette ville où il demeurait chez son beau frère Monsieur Du Bernet et sa vie en Limousin, soit à Couzeix, au Mas-de-Lage, soit dans sa Maison des Bancs au cœur de la ville, soit plus rarement à Compreignac. Comme il était souvent absent, il donnait des procurations à ses beaux frères pour traiter les affaires courantes. Ainsi le sieur Chastagnac au mois de juin 1654 traite avec des habitants du village pour vendre un pré. Mais cet acte doit encore être approuvé par le seigneur lui même avant d'être considéré comme valable .

C'est à partir du moment où il en devient seigneur, que la terre de Compreignac est érigée en baronnie, et que son possesseur porte le titre de baron.

Dès le début de sa vie publique, Pierre Benoist va se montrer agressif et prêt à se battre à toutes les occasions. Déjà, à Bordeaux, il a en 1657 et 1658, eu maille à partir avec un de ses congénères. C'est un document retrouvé par hasard dans les archives secrètes du parlement de cette ville qui raconte les faits :

Le 28 novembre 1657, au parlement, les chambres étant assemblées, le sieur De Pomiès fait rapport à la cour d'une requête présentée par Florimond d'Hallot, écuyer, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, qui demande qu'il soit permis d'informer contre Monsieur Messire Pierre Benoist, sieur de Compreignac, conseiller à ladite cour, pour des excès commis en sa personne ».En même temps, le sieur Benoist faisait également la même requête ajoutant qu'il y avait demande de prise de corps contre le sieur d'Hallot, pour raison : « de l'assassinat commis en sa personne, le 24 dudit mois, où se retirant de la maison de Monsieur le Président Montesquieux, revêtu de sa robe de palais, il fut si grièvement blessé qu'il est en danger de sa vie comme le montre le procès verbal fait ».

Que s'était-il passé exactement ? Il a été difficile de le retrouver, car si les registres indiquent que la suite de l'affaire est consignée, curieusement, ces registres recopiés au XVIIIe siècle par une personne apparentée à la famille Benoist, ne racontent pas le début des évènements, ni la suite. Mais les faits ont été relatés sous le titre « les fantaisies d'un magistrat du XVIIe siècle », dans La Nouvelle Revue du 1er août 1910 :

Monsieur De Compreignac, lors d'un séjour à Agen, où il avait essayé de briller, sans beaucoup de succès dans des salons, où il passait pour un insupportable fâcheux, avait sollicité la veille de son départ pour Bordeaux un « passeport » pour entrer dans uns des salons les plus élégants de la ville d'Agen. Peu de temps avant son départ, on lui apporta ce qui devait lui favoriser, du moins le croyait-il, l'entrée dans le lieu convoité. A l'ouverture du vélin il lut :« Vous, qui prenez tribut sur tous les gens d'esprit, laissez passer avec franchise Compreignac, qui, sans contredit, n'a point de cette marchandise ».

Monsieur Benoist, ulcéré sans doute et se souvenant de Monsieur d'Hallot et qu'il faisait des vers, lui attribua la missive et rumina sa vengeance. Il en eut tout le temps pendant son voyage et à son arrivée à Bordeaux ne laissa rien paraître. Peu de temps après, Monsieur d'Hallot arrivé, lui même, connaissant Monsieur Du Bernet, alla lui rendre visite. A sa sortie, un de ses amis lui demanda de se rendre rue du Chapeau-Rouge. Là, il tomba dans un véritable traquenard : Monsieur De Compreignac, accompagné de quatre compagnons, l'épée à la main l'attendait ; « Il fut accablé de soufflets, de coups de plat d'épée, meurtri de coups de poing et de pied, et fut finalement saisi aux cheveux et précipité à terre, traîné dans la boue, son habit mis en loques, tandis que son agresseur hurlait de l'achever ». Les habitants de la rue attirés par le vacarme sortirent et il dut son salut à leur intervention.

Son honneur de gentilhomme et son renom lui imposaient de se venger, en plein jour et dans Bordeaux. Il réunit quelques jeunes gens, qui en plus de leurs épées s'armèrent de pistolets et de gourdins et il se mirent en quête de « Benoist ». D'Hallot apprit par deux servantes de la maison de Monsieur de Montesquieux qu'il se trouvait chez celui -ci.

Le petit groupe « prit aussitôt ses dispositions pour cueillir, dès sa sortie, le conseiller, et se mit aux aguets dans la rue du Chapeau-Rouge, à la hauteur de la porte du couvent des Carmélites. Son plan réussit à merveille. Il n'était pas six heures, que Monsieur de Compreignac fut aperçu, porté pompeusement en chaise, revestu de la soutane et robbe du palais ; la chaise est cernée, les porteurs invités vigoureusement à se taire, et le conseiller copieusement rossé ». Le journal dont est tiré cet épisode dit également que le sieur Benoist se voit gratifié de « plusieurs coups d'estramaçon sur la teste, d'un coup d'espée dans le braz et mesme de plusieurs coups de baston, desquels coups et blessures il a été fort mal ».

C'est donc à cette bastonnade que notre seigneur faisait allusion et il en demandait réparation. Le parlement était bien embarrassé, les deux hommes devant tous les deux se présenter à la conciergerie du Palais. Dans un premier temps, le sénéchal de Guyenne, qui avait informé contre d'Hallot, rendit contre lui une sentence de condamnation à mort par défaut et contumace et à la prison pour les soubrettes de l'hôtel de Monsieur Montesquieux . Les choses étaient devenues très difficiles, les amis des deux parties s'enflammaient. Heureusement, le prince de Conti, en visite à Bordeaux, avisé de cette affaire, voulut bien trancher le différent. Spontanément, ils firent prier le prince. Celui-ci demanda alors que des arbitres se réunissent, à une date indiquée dans la ville de Périgueux. Après les avoir entendu, il fit rédiger « un traité d'accommodement dont les arbistres étoient convenu ». Lorsqu'il n'y eut plus qu'à signer le traité, on constata que Monsieur de Compreignac avait disparu. Il perdit les sympathies de ceux qui avaient adopté sa cause au profit de d'Hallot. Le roi, informé de ce qui venait de se passer n'hésita pas à accorder les lettres de rémission à celui-ci. Ces lettres, octroyées à Paris, au mois de mars 1659 furent signifiées, le 24 septembre suivant à Monsieur, Maistre Pierre Benoist seigneur de Compreignac, conseiller du roy en sa cour du parlement de Bordeaux ».

Il reste peu de chose dans la copie des registres secrets du parlement, mais curieusement Monsieur Benoist s'est attaqué ensuite à ses parents, les Du Bernet, les pensant sans doute, à cause de leurs domestiques, complices de la rossée ; là aussi, il n'eut pas gain de cause .

Cet épisode, assez pénible pour un homme imbu de sa personne, et se croyant hors de toute atteinte, eut des répercussions sur son comportement futur. Cela ne favorisa sans doute pas sa carrière au parlement. Son agressivité naturelle se manifestera ainsi que son envie d'agir à sa guise, se croyant à l'abri de toutes peines et hors de celles que ses infractions à la loi lui promettaient. C'est ainsi qu'il fut successivement accusé d'avoir fait dérober, par ses gens la statue équestre qui ornait la fontaine du Chevalet à Limoges, pour en orner la cour de son château de Compreignac; d'avoir fait tuer des hommes lors de perquisitions en divers endroits lui appartenant et de s'être soustrait à la justice. Les traces de ces accusations existent dans les bulletins de la Société Archéologique et Historique du Limousin et aussi dans les annales de Limoges. Les preuves manquent pour le vol, mais l'objet n'a jamais été retrouvé, et si certains habitants du village furent complices, je pense qu'en cherchant bien, où il faut, la statue représentant un cavalier serait, peut-être retrouvée plusieurs siècles après.................

Dans le village, il s'était acquis la complicité de nombreux hommes responsables de son appareil judiciaire : le notaire, le juge de paix, le procureur d'office, le dénommé « La Plaine », hôtelier. Un autre épisode, relaté dans les registres du Grand Conseil, à Paris, fait état de rébellion contre les troupes du roi. Le château de Compreignac devait, en effet pouvoir loger les officiers du roi à leur demande. Le sieur de La Mothe de Saint-Cir, usant de son droit s'est vu refuser cette obligation avec violences commises envers lui et les siens. A la suite de sa plainte, le Vice-Sénéchal, vint sur place et fut très mal accueilli, par les habitants du bourg. C'est le moins qu'on puisse dire, car il y eut mort d'homme.

Le 24 juin 1660, lors de l'enquête approfondie, menée par le juge de Saint-Yrieix, le sieur de Bonne, les conclusions furent telles que René Dubois, juge, Simon Martin, qui était son lieutenant, Jean Perdrigier procureur d'office, Jean Martin, greffier de la juridiction, François Martin notaire et Pierre Michel, dit La Plaine, furent considérés complices des différentes exactions de leur seigneur. Peut-être les avait-il assurés de leur impunité. Quoi qu'il en soit, un jour la machine judiciaire se mettrait en route.

Parmi toutes les accusations se trouvaient celles de certains villageois de Compreignac . A cette période, il fait refaire les reconnaissances. Ne pouvant entretenir ses nombreux procès, sans argent, il va chercher le moyen d'en trouver encore plus. Pourtant, on ne voit pas augmenter les redevances, mais il se dit seigneur foncier de villages qui appartiennent à d'autres. Les corvées qui n'étaient pas apparues dans les précédents actes en 1628 sont à nouveau exigées. Les habitants qui ne pouvaient plus faire face sont donc allés, chose rare, jusqu'à porter plainte contre leur seigneur, aidés sans doute par leur curé, qui lui aussi, avait été menacé. Parmi les documents conservés dans les archives de la Haute-Vienne, ont été trouvées les reconnaissances faites par les habitants des villages de Puysmartin, Puismeynier, Le Lac, Puysmelhier, La Roche, Le Mas, Les Grands Perdrigiers, Les Petits Perdrigiers, Villebert, La Combe, Népoux, La Jante, Villebert et La Grazoulhe, Bachellerie, Le Grand Etang du Couzet, Le Coudert-Jourde. Ces villages, agrandissement des anciens tènements, portaient encore parfois le nom des premiers habitants, comme les Perdrigiers ; ces tènements regroupaient deux parties du bourg. C'est à propos de la reconnaissance des Petits Perdrigiers, que le droit de four banal, tombé partout en désuétude, est remis en vigueur par Messire Benoist ; voici la partie de l'acte qui concerne cette charge imposée aux habitants :

Comme aussy, les susdicts tenanciers ont recognu et confessé ledict seigneur avoir le droict de four banal dans ladicte tenue et en attendant que ledict four banal soit restably, qu'il puisse uzer de ce droict, estre tenu de luy payer un chascun an un sol de rente pour chasque four particulier basty dans ladicte tenue.

La dénomination de La Grazouilhe allait disparaître, ou subsister parfois dans des noms de terres. Puysmartin était entré dans la seigneurie, alors que les Plaçages du Couzet seraient intégrés dans la paroisse voisine.

Nous allons faire la comparaison entre la reconnaissance des habitants du village du Lac, énoncée au chapitre II, et celle faite le « vingt sixième jour du mois de janvier mil six cent soixante trois, au bourg de Compreignac, dans la salle haute du chasteau noble ».Les habitants et tenanciers des lieux sont Jacques Vergniaud, notaire, Noël Vergniaud, Jean Vergnaud, Léonard Vergnaud, Dame Valérie Mounier, veuve de feu Messire Léonard Duclou, Dame Marie Martin veuve de feu Jean Marchandon, Jean Martin, le jeune notaire, Jean Boucher, Jean Duplacieux, Léonard Guette du village de La Jante, Léonard Marniajou Martial de Puismelhier, Pierre Martin, Louise de Grand Jean, Jeanne Dunègre veuve de feu Jean Braquet, Léonard Dunègre, Me Martial Marchandon, Maître chirurgien. On y retrouve exactement les mêmes montants de redevances, mais le texte de la reconnaissance porte le paragraphe suivant : « Comme aussi lesdits tenanciers ont recognu et promis audict seigneur de faire à l'advenir tous charoix nécessaires pour ledict service du chasteau, toutes fois et quantes que requis selon et ainsi qu'ils ont ci-devant faict » ; cela signifiant que depuis un certain temps, Monsieur Benoist les astreignait à ces corvées qui n'étaient pas mentionnées dans les actes de 1628. Le seigneur avait d'ailleurs trouvé un moyen de forcer les habitants récalcitrants à obéir, comme dans le village de Népoux où, pour les punir de ne pas avoir obtempéré à ses injonctions, il a fait boucher ou obstruer les chemins qui permettaient aux habitants de rejoindre le bourg, ceux-ci ayant refusé les charrois. Il avait fait beaucoup mieux, en ce qui concernait les tenanciers des villages de Népoux, La Roche et Le Mast, il leur avait fait faire des reconnaissances, alors qu'il n'était pas seigneur foncier et que ceux-ci payaient déjà les droits fonciers aux Grands Vicaires de L'église Cathédrale de Limoges. Ce qu'il leur demandait dépassait de beaucoup ce qu'ils payaient aux religieux qui, eux, n'avaient pas envie de céder leur dû. Les habitants de ces trois villages payaient donc deux fois l'impôt foncier.

En étudiant la population de Compreignac, en ces années 1660, on voit que le bourg est devenu très « bourgeois ».En effet ses habitants sont souvent issus de cette classe de population et s'ils ont des terres dans les villages voisins, ils vivent dans un relatif confort dans les maisons dont quelques unes subsistent encore. Ils n'exploitent pas eux mêmes les tènements, mais les afferment à d'autres, « laboureurs » ou « journaliers ».

Certains habitants de villages se sont enrichis, plus malins, sans doute dans leur façon de travailler la terre, ou de vivre et ont acquis tellement de terres dans les villages où ils habitent qu'ils se font appeler sieur, comme Monsieur Martin de la famille du notaire, qui devient sieur de Planchevieille et un de ses parents sieur de Puymartin.

Le 24 juin 1660 donc, le juge de Saint-Yrieix procédait à Compreignac à une enquête et à des perquisitions tant au château qu'aux domiciles du juge René Duboys, de son lieutenant Simon Martin, du procureur d'office Jean Perdrigier, du greffier de la juridiction Jean Martin, du notaire royal François Martin, d'un marchand et «hopte », Pierre Michel dit « La Plaine » et autres paroissiens. Un certain nombre d'entre eux se sont vu condamnés, rapidement, mais les sentences n'ont pas été appliquées. Il y a eu des appels au Parlement de Bordeaux. Là aussi les choses n'évoluèrent pas. Ils étaient, semble-t-il, bien protègés par leur seigneur.

Les plaintes contre Messire Benoist n'aboutirent jamais à un quelconque procès dans notre généralité ni au niveau de la sénéchaussée. Peut-être, celui-ci fit-il le nécessaire pour faire taire certains, il avait des amis ou du moins des alliés familiaux dans tous les domaines et même à Bordeaux. S'il ne comptait plus beaucoup d'amis, il savait que les membres de sa famille ne feraient pas le relais dans une demande d'information.

Les répercussions sur la vie de la seigneurie allaient rapidement se montrer. La première fut de vendre, pourquoi ? le Mas de Lage, qui était la propriété de la famille depuis trois siècles et dont normalement il n'avait pas le droit de se séparer, car faisant partie du patrimoine. Il vendait donc les lieux, château et métairies à Monsieur Londeys, conseiller du roi et receveur des tailles en la généralité de Limoges, qui était marié à Demoiselle Catherine Dalesme, sœur de La Dame Benoist, son épouse. La vente n'était, sans doute pas faite de bon cœur, car si, lors de l'achat les lieux étaient en très bon état, quand Monsieur Londeys voulut en prendre la « réelle et corporelle possession », ceux-ci se révélèrent inhabitables.

En effet, dans un premier temps, le seigneur de Compreignac avait empêché. Monsieur Londeys d'en prendre possession ; celui-ci a porté plainte et demandé à Monsieur Maledent, conseiller du roi, juge et magistrat au présidial de Limoges de le mettre en possession desdits lieux. Monsieur Benoist a alors demandé un délai de huit jours. Le jour étant enfin arrivé, Monsieur Maledent voulut faire un procès verbal de l'état des acquisitions. Le seigneur de Compreignac fit assister à l'opération son frère, le sieur du Claud. Voici les constatations faites ce jour 09 juin 1665 :

« Le sieur du Claud s'est opposé au procès verbal, il a fait enlever les girouettes, les a fait emporter, de même que les portes des chambres, les contrevents, les vitres des fenêtres, et fait faire un tel dégât dans la maison qu'elle est inhabitable ». La Dame épouse du Sieur Londeys n'a pas voulu entrer seule dans la maison, et a demandé à Maître Martin Voysin, précepteur de ses enfants, de faire avec elle la visite. Il s'est avéré que tout le domaine était dans le même état.

Pourquoi Messire Benoist avait-il saccagé un bien dont il était si fier, qu'il tenait de famille depuis le XIVe siècle, et qui avait vécu des heures célèbres ? peut-être par dépit d'avoir à s'en séparer. Cette séparation fut de courte durée, mais les recherches entreprises ne m'ont pas permis de trouver une explication à une telle détérioration des lieux. Il est possible qu'il ait été obligé de vendre ce bien en compensation des services rendus par le sieur Londeys mais, aucun document ne subsiste des tractations faites par le seigneur Benoist

Pourtant, nous ne sommes plus sous le règne du bon roi Henri, Pierre Benoist n'est plus protégé, son attitude fait qu'il n'a plus autant d'amis et il est moins craint. Il n'est plus un des rares bourgeois de Limoges a avoir gravi les échelons de la notoriété et nombreux sont ceux qui, profitant de l'occasion donnée par les « savonnettes à vilains » ont accédé à des charges importantes et se trouvent au même rang que notre baron. Ceux ci, ayant des fonctions dans la sénéchaussée, sont lassés de voir toutes ces exactions non punies. Un homme va avoir le courage de réagir ; il n'est ni parent ni ami de la « famille Benoist », c'est Monsieur l'Intendant d'Aguesseau. Il va « monter » tous les documents à charge contre le sieur Benoist et demander au Grand-Conseil du roi Louis XIV de statuer sur ce qui se passe depuis plusieurs années dans sa généralité, sans qu'il ait pu intervenir.

Les choses vont alors changer.

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