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Ce que dit l'abbé Leclerc

C'était une commanderie ou un prieuré régulier, dont la fête patronale était l'Assomption de la Vierge

Les lieux sur lesquels a été construit le prieuré appelé « Los Angelas », ont été donnés à la Maison Dieu de Montmorillon par les seigneurs de Rancon qui possédaient de nombreuses terres bordant l'ancienne voie. Cette famille était unie à celle de Razès ; après l'installation de ce prieuré où vivaient et étaient instruits des moines, au début, un village se constitua

Les biens de la Maison Dieu furent ensuite aux Révérends Pères Augustins de Montmorillon ; il fut ensuite uni à la mense capitulaire de La Souterraine et en 1710, le prévôt de La Souterraine y nommait les prieurs. Mais à partir du milieu du XVIe siècle, on ne parle plus de moines

En 1447, la prévôté de La Souterraine fut unie à la mense capitulaire de l'abbaye de Saint Martial

Angelard a été paroisse pendant quelques temps Cette paroisse comprenait les villages de Beaumont, Beausoleil et Massauvas. Il semble que l'état de paroisse d'Angelard dura du temps du temps pendant lequel Monsieur Leyssene était curé de Compreignac, c'est à dire de 1665 à 1703

Il y avait devant la porte de la chapelle du prieuré le cimetière où les personnes qui le souhaitaient étaient enterrées

Ce que disent les documents écrits

Voici l'inventaire de l'état de la chapelle, dressé le 23 octobre 1787, ainsi que les travaux que son état nécessite, le pignon étant tombé. Cet acte a été rédigé par C. Moreau, notaire royal, accompagné de Léonard et Guilhaume Denis, Etienne Marsaudon, maçons et entrepreneurs d'ouvrage et de Jean Bourbonnaud et Léonard Martin, habitants de Beausoleil comme témoins.

« Nous nous sommes transportés avec nos tesmoins et lesdits arbitres sur le lieu où est scituée ladite chapelle, laquelle se confronte de trois parts au pré de Léonard de Denis et d'autre à la place publique où se trouve la porte d'entrée, construite dans le pignon dont il s'agit, sur lequel est placé le pinacle qui porte les cloches, où estant lesdits arbitres nous ont fait observer que ledit pignon avec le pinacle qui étoyt audessus ansy que la porte d'entrée scituée du côté du soleil couchant est entièrement abattu et renversé par terre ; lequel pignon avoit été construit à neuf Quillot et Chamberotte, maîtres maçons entrepreneurs dans le courant du mois de juillet et aout derniers et qu'il s'est abattu depuis environs trois semaines

Tous disent que la construction de ce pignon a été mal faite, construit sur un pilier avec des fondations nouvelles, que l'on n 'a pas creusé jusqu'au solide, ce qui a fragilisé le tout

Les registres de l'évêché ont gardé les actes de nomination des prieurs ; Le 26 juin 1613 Pierre Duboys est nommé prieur ; il remplace François Bongrand qui a résigné en sa faveur. Il a été tonsuré en 1603. Il est remplacé le 25 juillet 1613 par Monsieur Jean Ducloupt ; le prieuré dépent toujours de la Maison Dieu de Montmorillon, ordre de saint Augustin. Le prêtre de Compreignac qui le met en possession de son prieuré est Jean Pontabrier, prêtre du bourg de Compreignac. Ce dernier est remplacé le 16 août de la même année par frère Augustin Esvain Le prieuré est dit encore commanderie ou préceptorie ; on voit également que les prieurs se succèdent

Mais à partir du XVI siècle, les prieurs étaient souvent des prêtres qui ne vivaient pas dans les lieux, mais avaient la direction d'église, comme Maître Jean Le Maigre, qui est curé de Péré en Saintonge et qui afferme le 07 juillet 1683 les revenus de ce prieuré à Mathurin de Fondaneyche, prêtre, habitant Sauvagnat et à Jean Marteau de Népoulas ; cette afferme est faite pour cinq ans ; pendant cette période, ces hommes récupèreront tous les revenus du prieuré et verseront au prieur 72 livres chaque année

Il est certain, avec les documents qui ont été consultés que ce prieuré n'avait plus de moines ; il se composait d'une chapelle et d'une demeure (voir les pierres sculptées en hauteur qui subsistent) La plupart des nommés ne se déplacaient pas et désignaient une personne qui avait la procuration pour prendre possession à leur place

La prise de possession d'une charge religieuse se déroulait en présence des habitants Le prêtre qui introduisait le prieur « le prenait par la main, lui faisait ouvrir la porte de la chapelle, l'introduisait dans icelle, faisait prendre l'aspersoir et bailler l'eau bénite aux personnes présentes, faisait baiser le grand autel, sonner les cloches et faire plusieurs autres actes de possession au-dedans ladite chapelle et prieuré »

Avant 1710 le prieur était Joanne Le Maigre ; L'évêque Antoine de Charpin de Génétine, nomme en 1710 « Juliaus de Tansarme »

En 1718, le même évêque nomme « Joannis Drovyneau », bachelier en théologie, bénédictin, comme prieur ; ilest remplacé la même année par son frère Louis Drovyneau

Ce dernier le 05 juillet 1718 assence pour cinq ans les revenus du prieuré à Antoine de Sagnac, marchand du village de Népoulas ; l'afferme est faite pour 100 livres par an

Le 27 avril 1731 : Pierre Louis Drovyneau de Brie, prieur, demeurant ordinairement en la ville de Thouars, en Poitou, afferme pour neuf ans les revenus du prieuré à maître Jean Saignac, notaire royal, résidant à Népoulas, pour 100 livres par an

Le 30 novembre 1739, un litige est advenu à propos de la collecte des impôts royaux à Angelard qui est dite « enclave » entre Monsieur Deyliot et monsieur Bourbonneau qui se sont chargé de la collecte et qui ont réglé leur litige chez le notaire Monsieur Martin en présence de Léonard Reyjaud, meunier de Pontabrier et de Barthélémy Jacob, tailleur d'habits du bourg

En 1751, il y avait un syndic à Angelard, qui était chargé de recueillir les redevances royales

Les habitants concernés étaient Léonard Deliot ; Jean de Denis (dit maître), autre Jean de Denis fils de Guillaume ; Jean Chalinat et Léonard Couteilhac, habitants du village d'Angelard ; Jean Fretequillas et François Faure, habitants du village de Beaumont ; Jean Mérigaud, Léonard Teixier et Jean Bourbonneu, habitants de Beausoleil ; lesquels ont désigné Léonard Bourbonneau comme syndic ; Celui-ci agit au nom du roi, et assure le rassemblement des sommes qui ont été attribuées comme impôts aux habitants du groupement d'Angelard ; tous les présents sont des chefs de familles

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