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De l'ordre de Saint Augustin, dépend à l'origine du prieuré conventuel de la Maison Dieu de Montmorillon. On a eu très anciennement comme prieur résignant, Martial Benoist, chanoine et official de Limoges. Il est appelé Notre Dame de los Angelas ( des anges), ce qui a sûrement donné le nom au village.

En 1556, François Reculès, en prend possession

En 1569, Pierre de Montaigut, alias Marchandon, y est nommé. En 1570, on y trouve Sylvain Jacquet, puis à nouveau, en 1572, le dit Marchandon.

Le 9 août 1596, Messire Symon Bongrand est nommé à la préceptorie de Notre Dame d'Angelard. Le prieur est un citoyen de la ville de Châteauponsac, diocèse de Limoges ; il demande au prêtre de Saint Pierre de Châteauponsac de le mettre en possession réelle, actuelle et corporelle de son prieuré, ce qui est fait selon le rite habituel : « entrée de l'église ou chapelle, touchement du verrou, aspersion de l'eau bénite, prosternation devant l'autel qui est baisé ainsi que le livre missel ». Ensuite, en présence de ceux que le déplacement et l'affluence ont attiré et des témoins requis, on déclare à haute et intelligible voix que celui qui a pris possession est le véritable possesseur des lieux et que c'est à lui dorénavant que doivent se payer les redevances qui sont dues sur le prieuré, ses appartenances et dépendances.

Que veut dire préceptorie ? Que celui qui avait la charge du prieuré pouvait enseigner gratuitement à de jeunes enfants. Il pouvait exercer cette activité ou la faire exercer par quelqu'un de son choix

En juin 1613, Messire Bongrand a résigné et est remplacé par Messire Pierre Duboys, prêtre du lieu de Saint Pardoux. Au mois d'août, Augustin Esvain, nommé à son tour, ne vient pas. Il se fait représenter par un procureur qui choisit lui même de demander à Léonard Bouyer, curé de Saint Symphorien de prendre possession dudit prieuré. Le 1er août de la même année, c'est Jehan Ducloupt qui y est nommé par le Pape avec l'agrément de l'évêque de Limoges. Les Duboys, Ducloupt, nous sont connus déjà dans la paroisse ; les prieurs qui demandent à être nommés ont de la famille ou des biens dans la paroisse.

En 1659, nous savons que le prieur est Vénérable Maître Jehan Le Maire, qui, lui aussi, prend un procureur à Orléans pour venir prendre possession de son prieuré. Le procureur est Me Georges Lachaud, diacre du diocèse de Limoges. Il vient de Meymac. Le prieur n'est pas de notre région et n'y vient pas.

En 1670, François de La Fayette, évêque de Limoges, nomme Jehan Le Maigre, curé du diocèse de Limoges en commande, au prieuré de Sainte Marie d'Angelard, ordre de Saint Augustin, par résignation de Maître Jehan Roudet, prêtre, dernier possesseur. En 1710, il est remplacé par Mr Jean Goudin , lequel prend possession le 21 novembre, puis résigne quelques jours après. Il est remplacé à son tour par Louis Raoul, prêtre, curé de Sarnac, diocèse de Saintes, qui après avoir pris possession des lieux, fait faire un procès verbal intéressant :

Il n'y a aucun ornement pour le service, si ce n'est qu'un petit missel, un crucifix, une chasuble avec son étole et manipule d'étoffe blanche, usée, un voile blanc, une étable à burettes avec l'évangile de Saint Jean et le lavabo, une aube, deux nappes d'autel de toile grosse, usée, la couverture de ladite église en très mauvais état, faisant l'eau en plusieurs endroits et en partie découverte ; les murailles du côté de la porte menacent ruine et ont besoin tout autour d'être griffonnées et réparées.

Cet acte a comme témoin, entre autres Jean Faure, Maître de Poste à Maison Rouge.

Un acte postérieur à celui-ci nous dit la chapelle située avec son ouverture sur la place du village, du côté du soleil couchant, ce qui permet de la situer aujourd'hui.

A travers ces actes, jamais il n'est dit qu'Angelard était paroisse. Comme à Montégut, lorsque l'église était en bon état, le curé de la paroisse de Compreignac faisait l'office. C'était obligatoire, notamment à certaines occasions. On y a célébré quelques baptêmes, mariages ou enterrements (il y avait un cimetière à coté de la chapelle). Nous reviendrons sur la grandeur de cette chapelle à la fin du XVIIIe siècle, lorsqu'elle est vendue comme bien national. Appartenant au prieur, il y avait un petit domaine formé d'une métairie. L'ensemble des revenus était peu important ; c'est pourquoi le prieur résignait si souvent, espérant trouver ailleurs un domaine plus rentable.

Le terme préceptorie signifiait donc que le prieur, ou son représentant pouvait enseigner gratuitement. Probablement les familles bourgeoises de la paroisse y envoyaient leurs fils. On trouve en effet quelques adolescents du village être appelés écoliers. La maison dans laquelle ils recevaient cet enseignement a été l'école. Elle est restée dans la mémoire populaire comme une école, même si depuis longtemps elle n'a plus été utilisée.

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