1597

« Sachent tous présents et à venir qu'aujourd'hui, seizième jour de juillet l'an mil cinq cent quatre-vingt-dix-sept, par devant le notaire royal en la sénéchaussée du Limousin soussigné, et présents les témoinz bas nommés à Limoges en la maison de honorable Monsieur Me Martial Benoist, conseiller du roi, trésorier de France, général de ses finances au bureau établi audit Limoges, seigneur du Mas-de L'Age, a été présent en sa personne honorable Me Antoine Barny, habitant la présente ville, lequel de sa bonne volonté et parce que très bien lui a plu et plait, a vendu, cédé, quitté et par la teneur des présentes perpétuellement transporte audit sieur Mre Martial Benoist seigneur du Mas-de-l'Age présent en sa personne stipulant et acceptant à scavoir les seigneuries et fiefs nobles de Compreignac, icelles seigneuries et fiefs, avec tous leurs cens, rentes, droits de dixmes, tierceries, métairies, propriétés d'icelles, avec tout le bétail étant dans icelles et appartenant audit sieur Barny, étangs, bâtiments, bois de haute-futay, bois taillis, guerennes, droits de vigerie, péage et toutes autres appartenances et dépendances d'iceluy, sans y faire aucune réservation et ce avec tous les droits seigneuriaux de rétention par puissance de fiefs, investiture, droits de lots et ventes et autres quelconques dépendants des dites seigneuries et fiefs, tous ainsi et de mesme que tant ledict sieur vendeur ses fermiers, receveurs et autres en jouissent et ont accoutumé d'en jouir avec tout, réservé seulement la rente foncière due sur le village de la Ribière Doyrat, en la paroisse de Saint Symphorien dépendante de la dite seigneurie de Compreignac pour estre de present en litige entre le dit sieur vendeur les tenanciers dudict village et les heritiers de feu Pierre Massoulaud vivant procureur es siège presidial de Limoges tous les droits cens rentes proprietes droits de dixme et tous grains laines et aigneaux droict de vigerie peage tierceries maiteries estangs et autres choses en dependant au long designees et specifiees et contenues par la declaration de tous iceulx escrits au pied du present contract signe des parties tesmoins et notaire soubs escrtpts a laquelle declaration specifique en la forme et teneur par icelle des dictes parties se rapportent et ce pour jouir par ledict sieur Benoist acquereur de toutes les entières seigneuries de Compreignac et du Puysmeynier et de toutes les choses en despendant ainsi qu'elles sont specifiquement designees par la dicte desclaration comme de sa chose propre et ainsi en disposer a la charge seulement de payer au cure de Compreignac vingt huict sestiers de seigle mesure de Limoges de pension annuelle pour cause des dixmes qui sont prises sur ladicte paroisse de Compreignac, comprenant aussy en ladicte acquisition les droicts de dixmes de grains et charnelages accoustumes estre leves par ledict sieur Barny ses receveurs et fermiers sur le bourg et paroisse de Saint Symphorien acquis par ledict sieur Barny vendeur de demoielle de Montrocher veufve de deffunct seigneur de Sainct Pardoux lesdicts droicts de dixme tenus par ledict sieur Barny par l'acquisition de la dicte damoiselle pour la somme de cinq cens livres à pacte de rachapt ainsi qu'il est contenu par le contract sur ce reçu par Mr Laurens Dufraisse de Razès, délivré par iceluy sieur Barny audict sieur Benoist, ladicte vente ainsi faicte pour et moyennant le prix et somme de sept mille six cens soixante six écus deux tiers, revenant à vingt trois mil francs payables comme ledit sieur Benoist acquéreur a promis et s'est obligé payer audict sieur Barny et à son acquit et descharge à scavoir à sire Martial Bayard héritier de feus sires Jean et autre Jean Bayard ses père et frère, autrement appelés les Thaliayres, la somme de cinq cent soixante six écus deux tiers revenant à dix sept cent livres dues, ainsi que le sieur Barny a dit ; aussi a dit devoir par obligation à sire Maledent le jeune, bourgeois et marchand de la présente ville, tant en son nom qu'au nom de tuteur des enfants de feu sire Joseph Maledent, son frère, la somme de sept cent trente trois écus un tiers, revenant à vingt deux cents livres, aussi à lui dues par ledit sieur Barny par obligation payable, celle de Bayard audit nom dans le onzième novembre prochain, et celle dudit Maledent dans le premier octobre aussi prochain, outre lesquelles sommes revenant à trois mille neuf cents livres, icelui sieur Benoist acquéreur a ycelle payé comptant, réellement et de fait audit sieur Barny, vendeur, stipulant comme dessus la somme de mille trois cent soixante six écus deux tiers, revenant à quatre mille cent livres et ce en quart d'escus testons, pièces de dix et de vingt sols et autre bonne monnaie, le tout du poid et coing de l'ordonnance, dont et de laquelle entière somme de huit mille francs après les payements desquels ledit sieur Benoist s'est chargé faire vers ledit Bayard et ledit Maledent, icelui sieur Barny s'est contenté, et icelle a quitté, comme quitte ledit sieur Benoist acquéreur avec promesse n'en demander jamais, ni permettre être demandée aucune chose, en jugement ni dehors, et les cinq mille écus sols, revenant à quinze mille livres parfaisant le total prix de ladite acquisition, icelui sieur Benoist acquéreur a promis et s'est obligé payer audit sieur Barny, vendeur, dans trois ans prochains à compter de la date des présentes et finissant au même jour et ce pour tous délais : pendant lesquels et durant iceux ledit sieur Benoist acquéreur a promis et s'est obligé payer au sieur Barny la somme de deux cent écus par forme de jouissance pour chacune desdites années, pour la présente au payement desquelles icelui sieur Benoist a payé et d'avance audit sieur Barny, vendeur, la somme de deux cents écus faisant six cent livres, en mêmes espèces que dessus, dont icelui sieur Barny s'est contenté et d'icelle a quitté ledit sieur Benoist pour la première année. Et lequel sieur Benoist a promis payer audit sieur Barny par avance chacune des deux années suivantes pareille somme de deux cent écus, à chaque fête de Saint-Jean-Baptiste, dont commencera la première desdites deux années à la Saint-Jean-Baptiste prochaine, et auquel temps et terme de trois ans faisant par ledit sieur Benoist, acquéreur payement de ladite somme de cinq mille écus restant en fond de terre ou autrement duement assurée, ladite somme pour l'effet de la garantie de la présente acquisition. Et a, outre ce, ledit Barny promis de fournir et délivrer audit sieur Benoist tous titres, livres baillettes, documents et enseignements concernant les droits et devoirs desdites seigneuries et choses vendues contenues en ladite déclaration, et ce par inventaire sommaire qui sera inscrit au pied du présent contrat, et desquels icelui sieur Benoist se chargera pour en faire exhibition et représentation audit sieur Barny toutes fois qu'ils lui seront requis. Et en évênement que dans les susdits temps de trois années ledit sieur Barny ne trouverait fonds commodes ou autre due assurance pour recevoir ladite somme de cinq mille écus restant du total prix de la présente acquisition, audit cas et jusqu'à cet effet il sera tenu de représenter ladite somme pour être mise à l'intéret entre les mains de marchand, ou autre personne solvable au profit du sieur Barny, vendeur. Et avec ce, s'est ledit sieur Barny, vendeur, devestu et dessaisi desdites choses vendues, leurs appartenances et dépendances par la forme qui sont contenues en ladite déclaration contenue au pied du présent contrat, et de tout investir ledit sieur Benoist acquéreur par le bail de la cède des présentes, se constituant tenir le tout désormais pour et au nom dudit sieur Benoist, acquéreur, lequel a promis et s'est obligé garantir le tout envers et contre tous, et de tous troubles, charges, rentes, obligations et hypothèques quelconques, qu'il a déclaré tant par ledit présent contrat, et avec pacte de même. Et expressement accordé entre les parties, que ledit sieur vendeur a promis et s'est obligé faire cesser tout retrait lignager, que durant l'an et jour de retrait voudrait recouvrer les choses vendues par droit de lignagier, à peine de cinq cent écus de peine commune, et accordé entre les parties sans laquelle ledit sieur Benoist, acquéreur, n'est entendu en la présente acquisition, de tout ce que dessus ont lesdites parties et chacune d'elles en droit, oy, promis tenir et accomplir de point en point ; en défaut de ce ont promis amender et payer tous dépens, dommages et intérets que l'une d'icelles ferait ou souffrirait par le défaut de l'autre, et tenir les choses susdites, renonçant sur ce à toutes renonciations tant générales que spéciales par lesquelles pourrait venir contre la teneur de ces présentes, et ce moyennant leur serment, par eux et chacun d'eux, sur ce fait, touché les heures, et sous l'obligation et hypothèque de tous et chacun de leurs biens présents et advenir à quoi faire et souffrir ont voulu être contraints par tous juges, tant royaux que subalternes, à la juridiction desquels se sont soumis, à dire, faire et souffrir ont été de leur propre vouloir et consentement condamnés par le notaire royal en la sénéchaussée de Limousin à Limoges soussigné, ainsi qu'a rapporté à nous garde du scel royal autentique établi aux contrats au baillage de Limoges, par ces présentes, de sa main signées, à la relation duquel nous foy pleinière adjouttons, ledit scel autentique que nous gardons, à ces dites présentes avons mis et apposé.

Fait audit Limoges, en la maison dudit sieur Benoist, en présence de honorable maître Pierre de Douhet, sieur du Puymoulinier, eslu pour le roy au présent pays de Limousin, et le sieur Léonard Saleys, bourgeois et marchand de la présente ville témoins.

Signé à l'original des pésentes : Barny, contractant ; Benoist, contractant ; L. Saleys, présent et de Douhet, présent, Signé :Vernejoul, notaire royal.

(terrier de Compreignac)

Le terrier de Compreignac parait ne plus exister ; il a été semble-t-il été brûlé lors de l'incendie des archives de Limoges au siècle dernier. L'achat de la terre de Compreignac avait été publié par Mr L'abbé Lecler dans sa « Monographie de la Commune de Compreignac ».

Adjudication de la justice de Couzeix : voici transcrit la pièce manuscrite concernant cette transaction ; l'acte définitif imprimé a été photocopié.